Repenser notre approche de l’Afrique pour sauver notre avenir

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Repenser notre approche de l’Afrique pour sauver notre avenir

Après avoir longtemps été associée à une image négative en termes de gouvernance, de croissance économique et développement social, l’Afrique constitue aujourd’hui le 2ème moteur de croissance mondiale après l’Asie.

L’Afrique subsaharienne, qui compte actuellement 900 millions d’habitants et bénéficie d’une vitalité démographique impressionnante (depuis 1960 le continent africain est passé de 250 à 900 millions d’habitants, avec une proportion de jeunes de moins de 15 ans égale à 40 %), a connu une croissance annuelle soutenue et régulière depuis le début du siècle de l’ordre de 4,7 % du PIB, malgré la crise
économique et financière mondiale.

Un continent en croissance face à de nombreux défis

Le Continent doté compte en outre sept des dix économies mondiales dont la croissance est la plus vigoureuse, même si cette dernière n’a pas encore donné lieu à une véritable transformation structurelle durable des économies et des sociétés africaines.

Toutefois, pour le Continent africain, de nombreux défis restent à relever pour parvenir consolider sa croissance économique. L’évolution du stade d’économies agricoles faiblement productives vers des économies à secteurs manufacturier et des services à productivité élevée tarde à s’enclencher.

En outre, la plupart des pays à forte croissance, notamment des pays producteurs et exportateurs de pétrole (Angola, Gabon, Nigeria), ne parviennent pas à traduire leur croissance en réduction de la pauvreté en raison de l’orientation de leurs économies vers des secteurs peu créateurs d’emplois (commerce de détail, télécommunications et administrations publiques) et de la corruption qui en freine la diffusion.

Enfin, le secteur informel demeure encore très important sur le Continent (jusqu’à 80% du PIB dans certains pays), la productivité trop faible et l’éducation insatisfaisante.

La qualité du capital humain nécessite une amélioration significative et les crises de santé publique (dont celles du sida ou du virus Ebola plus récemment) pénalisent durablement les perspectives économiques prometteuses du Continent.

Autre point, le trafics d’hommes, de femmes, d’enfants, d’armes, de drogues, parcourt ce continent et conduit chaque année des milliers d Africains à quitter leurs pays au péril de leurs vies.

L’Afrique, partenaire stratégique pour l’Europe ?

Les atouts réels et les faiblesses avérés du Continent africain doivent conduire la France en particulier et l’Europe en général à considérer l’Afrique comme un atout, et un partenaire d’avenir stratégique plus proche que les émergents qui nous fascinent.

Ce défi peut encore être relevé pour peu que la France et l’Union européenne se dotent des moyens nécessaires et définissent les stratégies permettant d’y organiser les partenariats utiles, de repenser totalement leurs approches trop ancrées dans le passé et de développer localement les ressources naturelles au lieu de les abandonner aux Chinois, turques et aux Américains.

Notre intérêt, autant que celui des Africains est que tout soit fait pour que les habitants de ce Continent vivent dans un état de droit stable et qu’ils aient l’espoir que leur avenir sera meilleur qu’aujourd’hui. C’est pourquoi il est de la responsabilité des pays développés de consacrer beaucoup plus de moyens au développement de ce continent, dans notre intérêt ; en cessant d’allouer quasi-exclusivement, comme nous le faisons depuis le lendemain de la décolonisation, des aides aux seuls gouvernements, qui pour la plupart sont touchés par la corruption.

Le salut du Continent viendra de la société civile et du secteur privé que nous devons aider en priorité. Les fonds de la coopération bilatérale, les financements de projets alloués par les Banques régionales de développement (Banque Africaine de développement), ou par la Banque Mondiale doivent être prioritairement orientés vers les banques privées qui elles-mêmes doivent s’engager à financer les projets des start-up et des jeunes entrepreneurs africains qui sont tout aussi créatifs et ont tout autant soif de croissance et de création d’emplois que les jeunes occidentaux.

En passant par les banques privées, les associations, les entrepreneurs, les mouvements de femmes, les coopératives ; nous donnerons aux africains et principalement aux jeunes générations la possibilité et les moyens de défendre les droits des femmes et des enfants à la santé, le droit à l’éducation pour tous, le droit à la diversité et au respect, mais plus encore, nous rendrons possible le projet tant attendu en Afrique de rendre conciliable croissance et économie d’énergie.

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