Quelques graines de bon sens pour l’équilibre au travail

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Quelques graines de bon sens pour l’équilibre au travail

Le travail constitue l’un des socles des Etats providence occidentaux. Il joue un rôle social intégrateur privilégié dans nos sociétés et constitue par ailleurs un instrument essentiel d’autonomie et de réalisation personnelle des individus. C’est parce que le travail est porteur de toutes ces promesses, qu’il peut, dans des conditions négatives, être source de souffrances spécifiques, de destruction très profonde, incompréhensible de l’extérieur et souvent de l’intérieur pour celle et ceux qui sont en situation de souffrance dans l’exercice de leurs fonctions.

La souffrance au travail, analysée à travers le syndrome d’épuisement professionnel, génère de la casse humaine et de la casse sociale. Elle constitue un véritable coût pour la société. Le nombre de cas d’indemnisation liés à des troubles psychiques a « explosé » ces dernières années pour représenter aujourd’hui près de 50% de l’ensemble des pathologies liées aux maladies professionnelles. Cette situation ne peut plus durer.

Pour vaincre la solitude du quotidien au travail et aider les salariés à cesser de chuter, une panoplie d’outils existent. Ils sont déployés par des équipes pluridisciplinaires dans le cadre de consultations spécialisées, dont les prises en charge précoces permettent l’élaboration de protocoles éprouvés sur le terrain et dans la durée. 80% des patients en arrêts maladies retrouvent, grâce à cette action de prévention de la désinsertion professionnelle et ces consultations spécialisées en souffrance et travail, un poste supérieur à celui qu’ils occupaient auparavant au bout de 3 à 6 mois au lieu de 18 mois d’après les chiffres de la CNAMTS. Ces outils sont efficaces, opérationnels et méritent juste d’être diffusés et utilisés par tous.

Quelques graines de bon sens

Ne plus fixer de réunions le soir après 18 heures.

Ne plus fixer des objectifs inatteignables pour obliger le salarié à repousser ses limites. Un objectif inatteignable n’est pas atteignable. Si on cherche à l’atteindre, c’est que l’on accepte la faute prescrite.

Se débarrasser des techniques de management pathogènes.

Respecter la sensation de fatigue car à l’impossible nul n’est tenu.

Celui qui réussit est le plus rapide, mais bien souvent à quel prix ?

Le corps humain ne fonctionne pas comme un ordinateur ou un robot.

L’organisation du travail ne rendra jamais au salarié tout ce qu’il lui donne.

Elle ne lui rendra pas la santé une fois perdue.

Certains emplois surchargent de travail.

Certains emplois sous-chargent de travail.

Certains emplois fournissent un travail répétitif, vide de sens.

La prescription, la procédure ne suffisent pas pour faire le travail.

Le travail prescrit, c’est ce que l’on donne au salarié à faire.

Le travail réel, c’est ce qu’il doit rajouter pour y arriver.

Ce travail réel est invisible donc non reconnu.

En France le rapport au travail n’est pas pragmatique mais passionné.

Les temps du corps – manger, dormir…- sont vitaux.

L’engagement au travail ne doit pas se prouver par du présentéisme.

Le télétravail pourrait régler bien des problèmes.

Attention aux envois de mails le soir, les weekends, ils culpabilisent le salarié qui ne pourra pas faire autrement qu’y répondre.

Les technologies informatiques nous captivent et nous capturent. Elles dépassent les limites du corps humain.

L’emploi n’est pas le travail.

Quand on est sans emploi, on doit beaucoup travailler pour en trouver un, lorsque l’on est une mère de famille qui s’occupe de ses enfants on travaille dur aussi.

La porosité entre l’emploi et la vie personnelle est majeure car il n’y a pas de compartiments dans notre tête.

L’organisation du travail doit préserver la santé physique et mentale en termes de résultat.

 

Ces graines de bon sens sont une contribution de Marie Pezé et Yannick Biyong.

Marie Pezé est psychologue, docteur en psychologie, et psychanalyste. Experte de la souffrance au travail, elle est la présidente du centre pilote de recherche, de traitement et de prévention de l’épuisement professionnel.

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